Les jeunes disent oui à la technologie… mais une technologie qui a du sens

Si je devais deviner ce que vous avez trouvé sous le sapin cette année, je dirais une tablette, un smartphone ou un autre appareil électronique, et j’aurais sans doute peu de chance de me tromper. La technologie domine notre vie quotidienne, c’est un fait. Et ce phénomène va encore s’amplifier dans les années à venir, tant dans notre vie privée que professionnelle. Et pour nos jeunes, le monde de la technologie est-il merveilleux ?téléchargement (18).jpg

Aujourd’hui, même les télévisions ou les robots ménagers sont devenus de vrais ordinateurs. Ce qui n’est d’ailleurs pas toujours facile pour les plus âgés d’entre nous. Heureusement, nous pouvons compter sur nos enfants ou petits-enfants pour nous aider. Une étude réalisée par Agoria et iVox révèle en effet que de 70 % des jeunes aident leurs parents à apprivoiser ces nouvelles technologies. Un changement récent et majeur dans la relation parents-enfants : il n’y a pas si longtemps, c’étaient les aînés qui transmettaient leurs connaissances aux plus jeunes. Mais ces « digital natives », s’ils sont plus de 80 % à dire que les nouvelles technologies jouent un rôle essentiel dans leur vie, avouent aussi nourrir certaines craintes vis-à-vis des évolutions technologiques, notamment en ce qui concerne leur impact sur l’emploi.

téléchargementDans cette étude, nous apprenons que deux tiers des jeunes estiment que les gens communiquent moins depuis l’avènement des nouvelles technologies. Parmi les répondants plus âgés, ils sont même huit sur dix à le penser. Que faut-il en penser ? Pour ma part, je suis convaincu du contraire. Les gens ont le sentiment de moins communiquer qu’avant, mais en réalité, Internet et les réseaux sociaux nous permettent de rester en contact avec énormément de monde. Parfois même avec des personnes que nous aurions totalement perdues de vue autrement. Et ces jeunes qui ont les yeux et les doigts constamment rivés sur leur smartphone, qu’est-ce que j’en pense ? Ma foi, je comprends que cela ne plaise pas à leur parents, mais dire qu’ils ne communiquent pas est inexact : ils ne font que cela ! Seulement, ils ne le font pas comme avant, et sans doute pas comme leurs parents aimeraient qu’ils le fassent.

Les jeunes attendent beaucoup des nouvelles technologies en tant que solutions aux grands problèmes de société. Et en même temps, plus de quatre jeunes sur dix avouent en avoir peur, par exemple pour ce qui est de l’impact sur le marché du travail. Les nouvelles technologies évoluent à un rythme tel et impliquent tant de changements dans notre vie privée et professionnelle qu’il règne aussi de l’incertitude. Et c’est compréhensible. Ces changements sont à la fois source d’inquiétudes et d’opportunités. téléchargement (1).jpgIl s’agit là d’une information dont les entreprises et les responsables politiques doivent absolument tenir compte. Nous devons saisir ces opportunités tout en supprimant les inquiétudes, par la définition d’un certain nombre d’accords. Les gens ont le sentiment que les robots remplaceront certaines professions à l’avenir. C’est sans doute vrai, en partie, mais la numérisation et l’automatisation de notre économie entraînent également la création de nouveaux emplois. Ainsi, depuis 2006, le nombre de professionnels des TIC est passé de 135.000 à 161.000. Par ailleurs, la robotisation peut contribuer à améliorer les conditions de travail. Aujourd’hui, les robots effectuent des tâches répétitives ou lourdes, rendant ainsi le monde du travail, en particulier dans l’industrie, beaucoup plus intéressant et valorisant.

images (1).jpgD’autre part, la moitié des jeunes sont confiants dans la capacité des technologies à résoudre les principaux problèmes de société. Pension, financement des soins de santé, réchauffement climatique, respect de la vie privée, qualité de l’enseignement et durabilité des produits constituent pour eux les principaux défis de demain. Autant de domaines dans lesquels les technologies ont des solutions à offrir, et les jeunes s’en rendent bien compte. Je remarque aussi qu’ils n’ont pas la même vision de l’avenir professionnel que leurs parents. Il y a chez eux de l’envie et de l’engagement. Nos jeunes, la « génération Z », veulent que leur carrière professionnelle ait un sens, une utilité sociale. Il ne s’agit pas seulement de gagner de l’argent ou de s’assurer un emploi stable, mais aussi de chercher des solutions aux problèmes de société. Sur ce point, la technologie rend beaucoup de choses possibles. Ce qui explique que les jeunes soient également très critiques vis-à-vis des nouvelles technologies qui ne présentent pas de plus-value pour la société.

Mais ces solutions, sont-elles développées dans notre pays ? Quand on leur demandetéléchargement (2) quels pays, d’après eux, sont à la pointe en matière de développements technologiques, les jeunes répondent en premier lieu les États-Unis (41,3 %). Viennent ensuite la Chine (26,4 %) et le Japon (21,5 %). Notre pays arrive loin derrière, avec 2,1 %. La mention « Made in China » apposée sur les produits n’est sûrement pas étrangère à cette perception erronée. Plus de la moitié des jeunes interrogés pensent que la plupart des innovations technologiques sont mises au point à l’étranger. Or, c’est justement l’inverse. Les entreprises technologiques belges font la différence sur la scène internationale grâce à leur capacité d’innovation. De nombreuses entreprises belges, mais aussi internationales, mènent des activités de recherche importantes dans notre pays. Une série de PME en Belgique sont même des leaders mondiaux dans leur domaine. Et il arrive que cela débouche sur de la production chez nous. Il est dommage que si peu de jeunes le sachent : cela pourrait orienter leur choix d’études, par exemple.

Mais je suis optimiste. Nous sortons d’une période où les métiers liés à la technique n’ont pas toujours été très valorisés. Je pense que depuis quelques années, la vapeur est en train de s’inverser : les entreprises, mais aussi les autorités publiques et les parents, prennent conscience que les personnes disposant d’un bon bagage technologique ont de fortes chances d’avoir une carrière professionnelle passionnante et utile à la société.

Enfin, les technologies n’ont pas seulement modifié la nature des emplois, mais aussi téléchargement (3).jpgl’organisation du marché du travail. Les jeunes en sont parfaitement conscients. Seuls 21 % s’inquiètent de l’arrivée de nouveaux business models comme Uber ou Airbnb sur le marché du travail. Si près de 50 % des jeunes s’attendent à travailler toute leur carrière en tant que salariés, ils sont tout de même 37 % à souhaiter se lancer comme indépendants. Du côté des aînés, ils ne sont que 18 %. Sur ce plan également, on observe un changement de mentalité parmi la jeune génération. Un tiers des jeunes de notre enquête déclare vouloir entreprendre, ce qui représente une proportion très élevée pour notre pays. Il est très encourageant de constater que tant de jeunes désirent et se sentent prêts à entreprendre. C’est aussi un des impacts de la technologie : elle permet de fonder sa propre entreprise avec un capital relativement faible. Aujourd’hui, chacun peut envisager de se lancer dans l’aventure.

Marc Lambottetéléchargement (4).jpg
CEO d’Agoria

Carte blanche publiée dans La blog technology in the world  du 08/06/2017.

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